À la découverte du patrimoine de Pont Saint Martin
Découvrez les lieux emblématiques de Pont Saint Martin à travers un parcours imaginé par le Conseil des Sages. Scannez les QR Code sur les panneaux pour en apprendre plus à chaque étape.
Le marais d’Herbonne
D’une superficie de 22 hectares, le marais de l’Ile vit au rythme des niveaux d’eau du lac et fait partie de ses périmètres de protection (Natura 2000 et site Ramsar).
C’est un site ancestral
Située à proximité de la rivière l’Ognon et du lac, la partie haute du marais (l’île) fut probablement occupée à une période très ancienne Une étude réalisée il y a une vingtaine d’années dit : « Concernant spécifiquement le site du marais de l’île, les services de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) ont émis l’hypothèse que la partie haute du marais était occupée de longue date (Préhistoire, Antiquité, Moyen âge). Cette hypothèse s’appuie sur les traces d’un fossé circulaire autour de l’île, la toponymie ancienne et populaire du site (le camp ruiné, le camp romain, le camp de César) et l’occupation très ancienne des rives du lac. Cependant, à ce jour, aucune découverte archéologique tangible n’a pu à ce jour confirmer cette hypothèse.
Puis, l’homme s’est employé à faire de ce marais un espace agricole : les habitants ont défriché et creusé des douves pour drainer le marais. Ainsi, les habitants ont pu y mettre leurs troupeaux d’animaux à pâturer quand l’eau s’y retirait. Un chemin a également été aménagé par plusieurs remblaiements.
Jusqu’au milieu du XIXème siècle, le marais de l’Ile, ou marais d’Herbonne, était un commun. Le droit d’accès au marais était lié à la possession d’une maison du bourg, soient 122 propriétaires. Un document officiel de 1783 établit le règlement de ces communs afin d’encadrer leur gestion souvent conflictuelle (périodes de pâturage, nombre et types d’animaux par propriétaire, travaux d’entretien). *
Face aux difficultés de gestion et aux changements des mentalités, le marais fut divisé en 1849 entre l’ensemble des ayants droit, donnant naissance au paysage actuel composé de plus d’une centaine de parcelles. Jusqu’aux années 1970, le Marais occupait une place importante dans la vie rurale des habitants du bourg avant d’être délaissé petit à petit.
Grande diversité d’habitats nécessaire à la biodiversité
Dans les années 1960, la quasi-totalité du marais était exploitée par l’agriculture. Chaque parcelle était alors entourée de haies souvent entretenues en cépée ou en têtard. C’est dans ces haies que l’on retrouve actuellement les plus vieux arbres. Quant à la partie haute désignée comme l’île, qui culmine à quatre mètres, elle avait la particularité d’être cultivée en vigne. Cette zone plus sèche a aujourd’hui laissé place à un jeune boisement dominé par le chêne et le frêne.
Les zones inondables du Marais se répartissent principalement en deux types d’habitats : les roselières et les prairies humides. On y trouve également quelques boisements humides dominés par les saules. La végétation des roselières et mégaphorbiaies s’est développée au détriment des prairies humides à la suite de l’abandon des parcelles par l’agriculture. Elles forment de vastes étendues dominées par le roseau commun, la grande glycérie ou la baldingère (faux roseau).
En dépit d’une apparence parfois austère ces milieux se raréfient et sont essentiels pour la biodiversité. Ils présentent une grande diversité floristique. Les prairies constituent également des zones de gagnage pour les oiseaux d’eaux et de frai pour les poissons et les amphibiens.
Si en 1970, les éleveurs ont délaissé cet espace si difficile à exploiter et moins rentable, aujourd’hui des aides européennes sont accordées pour maintenir cette fonction écologique. La commune rachète des parcelles pour faciliter le retour des éleveurs et a mis en place un système de commun comme au Moyen Age. Ceci permet aux éleveurs de disposer de parcelles gratuites et de bénéficier plus facilement des aides agricoles.
La faune
Le Marais s’inscrit dans la continuité écologique du lac de Grand Lieu reconnu au niveau mondial pour son exceptionnelle biodiversité.
Le lac accueille de nombreux oiseaux d’eau protégés qui fréquentent le Marais comme des zones de transit, d’alimentation ou de repos, il s’agit d’oiseaux emblématiques comme la Grande Aigrette, l’Aigrette garzette, le Héron cendré, le Héron garde bœuf, la Spatule blanche, plusieurs milliers de canards migrateurs. Les anatidés s’aventurent sur les prairies inondées du Marais pour se nourrir tels le canard souchet, les canards colvert, les fuligules milouin ou les sarcelles d’hiver.
Plus de 90 espèces d’oiseaux : oiseaux d’eau, du bocage ou du jardin tels que la foulque macroule, le milan noir, le gobe-mouche gris, le martin pêcheur, sans oublier la mésange bleue.
Et la nuit, douze espèces de chauves-souris ont été recensées : la sérotine commune chasse dans les prairies, la noctule commune apprécie les milieux humides et aquatiques, les barbastelles préfèrent les milieux arborés pour se nourrir d’insectes et les boisements favorisent une forte présence des espèces arboricoles qui se nichent dans les cavités des vieux arbres (noctule commune, barbastelle d’Europe, murin d’Alcathoe.
Les mammifères : chevreuils, sangliers et chauve-souris sont très présents dans le marais, Le mammifère le plus remarquable reste la loutre d’Europe qui fréquente les berges de la rivière. Cette espèce rare et protégée a failli disparaître du fait de la chasse et de la pollution.
Menace des espèces exotiques et envahissantes
Un déclin de la biodiversité qui est dû aux espèces envahissantes tant pour la flore (principalement de la Jussie et du Myriophylle du Brésil qui envahissent parfois la rivière et les prairies nécessitant un arrachage manuel) que pour la faune (s’agissant du ragondin et du rat musqué qui détruisent les berges et certains milieux aquatiques). De plus, ces derniers véhiculent des maladies graves telle que la leptospirose.
Le Marais de l’île : un espace à préserver et à partager
Si le Marais est un espace agricole, il a toujours été fréquenté par les habitants pour la chasse, la pêche et la détente. Nombreux sont les propriétaires à posséder de petites cabanes avec parfois une barque en bordure de la rivière. Aujourd’hui, de nombreux randonneurs et passionnés de nature apprécient ce site. La chasse de terre et la chasse au gibier d’eau sont toujours pratiquées de novembre à février. Des visites guidées sont proposées régulièrement.
Afin de préserver et de protéger cet espace naturel, la commune a élaboré un plan de gestion : barrière pour limiter l’accès aux véhicules à moteur, aménagements agricoles, suivis de la faune et de la flore.