À la découverte du patrimoine de Pont Saint Martin
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De presbytère à Mairie
Le 24 août 1834, le Conseil municipal, après avoir examiné « le rapport fait par les sieurs Mathurin Aubin et Jean Ordrenneau, tous deux faisant partie de la maçonnerie et de la charpenterie », envisage d’effectuer des réparations dans l’ancien presbytère, considérant son état de délabrement. Celui-ci était situé dans l’espace allant de l’office notarial à l’agence immobilière, place Bretagne. L’ex-salon de coiffure était à l’époque la maison des prêtres. Tout le reste du site était constitué d’une cour, d’écuries, d’un pressoir, d’un cellier…
Les artisans chargés de l’expertise pensent qu’il est impossible de réparer, considérant que son emplacement au milieu d’auberges dont le bruit trouble le repos la nuit, et « séparé de son jardin et de l’Église ». Les élus envisagent une construction neuve en haut du jardin ou sur un terrain joignant qu’il faudrait acheter. M. Anselme Bridon, Maire, est autorisé à faire établir un plan par un homme de l’art.
La fabrique (un groupe de personnes chargées de gérer les affaires de la paroisse) est bien d’accord avec cette décision, et offre d’apporter une somme de 900 francs. Le premier devis s’élève à 12680,30 francs. La commune ne peut avancer que 5 900 francs obtenus par la vente de l’ancien presbytère et la vente des Landes de Viais. À titre indicatif, le budget de la commune pour cette année 1834 est de 1173,03 francs pour les recettes, et 783,79 francs pour les dépenses.
La différence est énorme et le projet est retardé. On envisage plutôt des réparations, mais le devis s’élevant à 3 983 francs, le Conseil préfère dans l’intérêt de la commune, après avis d’un « fin membre de la Commission départementale des bâtiments civils », revenir à l’idée de construction.
Le Conseil de fabrique insiste : « Le toit est ouvert, les murs peu solides ne donnent ni une demeure salubre, puisque la pluie et l’humidité y pénètrent de toutes parts, ni sécurité pour ceux qui l’habitent, puisque les murs menacent ruine ».
En 1837, on reprend l’étude du financement, on propose d’ajouter le produit de la vente de terrains vains et vagues, et de l’excédent de la largeur des chemins. Une imposition de centimes additionnels est également prévue en cas de besoin.
Un nouveau devis est présenté le 20 septembre 1837 par Mr Blon et Mr Amouroux. Il s’élève à 16 666,56 francs pour la maison principale et la ménagerie (bâtiments qui seront démolis le 15 février 1999) qui comprend une chambre de domestique, une boulangerie, une buanderie, une écurie, un cellier, un volailler, une soue à porcs et un grenier à grains.
Ce devis étant à nouveau trop important, on modifie certaines choses ; on supprime des fenêtres et la cheminée de la chambre du domestique ; on remplace le tuffeau par des briques, le chêne par du sapin. Toujours ni puits, ni de latrines, « qui pourront être faits plus tard à peu de frais, soit dans la carrière qui sera ouverte pour l’extraction de la pierre de construction, (actuelle cours à l’école Saint-Joseph). Soit dans une partie du jardin ».
Il n’en coûtera plus maintenant que 15 289 francs. Que l’on espère cette fois obtenir grâce aux différentes ventes prévues, à une somme versée par Monseigneur l’Evêque et à une allocation de Sa Majesté Louis-Philippe, attribuée par le ministre des Cultes pour venir au secours de la commune.
Le 4 février 1838, le Conseil municipal décide de la construction, et on espère que le prêtre pourra emménager le 1 février 1841. Le 12 novembre 1839 à 12h, on procède à la vente de l’ancien presbytère partagé en 5 lots, mais les acquéreurs ne pourront en prendre possession que le 1er février 1841, gardant ainsi au prêtre le bénéfice d’un logement.
En fait, à la suite de quelques difficultés à trouver les fonds nécessaires, les travaux ne seront terminés qu’en juin 1841, alors que Monsieur Claude Laine est devenu maire de Pont-Saint-Martin.
De plus, à la suite du mauvais temps, le mur d’enceinte s’est écroulé sur 16 mètres en février 1861. On répare, mais en novembre 1866, c’est une partie des dépendances qui s’écroulent et le reste menace ruine. Occasion pour le Monsieur le Maire de faire remarquer « que cette prompte démolition est une preuve de soins insuffisants donnés à cette époque (il y a une vingtaine d’années) par la commune à la construction des logements dont la durée a été si courte ».
Mr le Maire propose de ne pas s’en tenir à la reconstruction des bâtiments qui tombent en ruine, il propose de prendre tout de suite l’alignement de la rue de la Cure en reconstruisant le mur du jardin qui la borde. « Cela servira d’exemple pour que les autres propriétaires de la rue demandent l’alignement ». Des modifications vont être apportées, en particulier la suppression de l’écurie, dont la reconstruction entraînerait trop de frais. La fabrique refuse. On lui propose de la refaire avec les restes de la démolition. Nouveau refus
« Tout ou rien ». Échange de vifs propos, Monseigneur l’évêque doit intervenir par 2 courriers. Finalement, le Conseil conciliant pour être « agréable à Monsieur le curé », trouve un compromis : on aménage l’écurie à la place du cellier, et un Cellier neuf pouvant contenir 25 à 30 bariques est construit de l’autre côté de la Cour.
C’est donc apparemment sous cet aspect que les plus anciens Martipontains, ont dû connaître le presbytère. Au fil des années, le presbytère est devenu bien trop grand pour un clergé qui n’a plus besoin depuis longtemps d’une étable, d’une écurie, ni même d’un cellier pouvant contenir 30 barriques.
La commune achète la maison Saint-Joseph en 1969, pour en faire le nouveau presbytère, plus confortable et plus rationnel.
La Mairie
En avril 1972, le projet d’une nouvelle mairie dans l’ancien presbytère s’ébauche ; deux solutions sont envisagées. Soit une rénovation du bâtiment sur 3 niveaux, soit une construction nouvelle. La rénovation est entérinée en janvier 1976 et après travaux, le transfert de la mairie a lieu officiellement le 1 mai 1978.
34 années plus tard, dans la nuit du 22 au 23 janvier 2012, la mairie sera entièrement détruite dans un incendie. Face aux 4 murs restants debout, les mêmes questions se reposeront aux élus : rénovation ou nouveaux bâtiments ? L’architecte missionné par la mairie apportera, courant 2012, des éléments patrimoniaux qui feront pencher la balance en faveur de la première solution. « Vous avez un bâtiment à l’architecture très caractéristique des années 1840/1850. C’est votre patrimoine ».
La nouvelle mairie sera inaugurée le samedi 22 février 2014 en présence de 400 Martipontains venus visiter les nouveaux locaux.